À travers ce denom, Alain Le Roux salue la mémoire et l'héritage d'Edgar Morin. Le poète utilise la force du symbole pour synthétiser l'essence même de sa pensée : la « pensée complexe ». Ce tercet met en lumière la façon dont l'esprit humain se saisit des flux du monde extérieur pour lier, conceptualiser et construire notre réalité. Un hommage épuré du verbe à la connaissance.

  • La relation avec le « monde extérieur » : Pour Edgar Morin, notre esprit n'est pas un spectateur passif. Le monde extérieur nous bombarde de stimuli, de bruits et d'informations. Morin explique que l'être humain ne se contente pas de subir ce flux, il doit le traduire.

  • Le concept de « construire la réalité » (Le Constructivisme) : C'est le point de rencontre exact avec le denom. Morin est un penseur constructiviste. Il a écrit que "la réalité n'est pas une donnée pure, elle est une co-construction entre notre esprit et le monde extérieur". Notre cerveau reçoit la physicalité du monde et la transforme en "réalité" intelligible (par le langage, la science, l'art, la poésie).

  • « Quelle réalité ? » : Chez Morin, c'est la réalité complexe. Il s'oppose à la réalité simpliste ou compartimentée des sciences traditionnelles. Construire la réalité, c'est relier ce qui est séparé (l'homme, la nature, la société, le cosmos). L'arrière-plan de l'image  montrant la Terre vue de l'espace connectée à un ciel étoilé, illustre visuellement cette idée de totalité et de reliance si chère au philosophe.